Précurseur de l’Amicale : Bulletin mensuel du 20.10.1920

Avis du Trésorier

Avis du Secrétaire

La fondation de l’Amicale de 1920 : son action

Discours du Président René Legros (18 mai 1946)

Poème (mai 1996)

Précurseur de l’Amicale

BULLETIN MENSUEL de l’Amicale du Personnel de la Banque de France

N° 1 du 20 octobre 1920

Toutes les communications doivent être adressées 2, rue de la Sorbonne, Paris (5″)

A TOUS

A nos Camarades, nous confions, le Bulletin. L’enthousiasme qui présida à notre Assemblée Générale de. Février dernier, ci les encouragements reçus de toutes parts nous faisaient un devoir de publier au plus tôt cet organe, quelle, que soient les difficultés de la tâche.

Ce bulletin sera le lien qui manquait entre nos collègues des succursales et nous. Il nous permettra de nous connaitre et nous donnera la possibilité d’étudier les questions qui nous sont communes.

ll lui restera en autre à jouer un rôle d’éducateur vis-à-vis de ceux qui n’ont pu voir encore dans le groupement professionnel la principale école de solidarité de notre temps. I1 montrera combien les résultats diffèrent, suivant qu’ils proviennent d’un effort collectif ou bien d’efforts individuels.

Cette force du groupement, l’Amicale veut l’utïlïser pour faire aboutir les réformes, qui s’imposent. Et nous sommes persuadés que la réalisation de nos aspirations peut être atteinte par une collaboration étroite entre le Gouvernemcut de la Banque et l’asspciation que nous avons formée.

Pour atteindre ce but, nous demandpns le concours de nos camarades : notre Bulletin, dans sa Tribune Libre, sera heureux d’exposer les idées qui lui seront soumises. Nous savons fille ces idées seront toujours exprimées en termes courtois, et que jamais l’hospitalité ne nous sera demandée pour des questions de politique ou des faits personnels.

Nous faisons appel à tous . il n’est pas d’effort individuel négligeable, et nous sommes certains que les bons ouvriers ne manqueront pas.

LE COMITE

AVIS DU TRÉSORIER

Le Trésorier prie les camarades qui n’auraient pas encore versé leur cotisation (et, s’il y a lieu, le droit d’entrée) pour le 2ème semestre 1920, de vouloir bien l’adresser sans retard en un mandat, carte, chèque ou billet à ordre libellé au nom de M. Linou, 5, rue Marnay, Paris, IVe.

AVIS DU SECRÉTAIRE

Nous avons reçu quelques lettres auxquelles il nous a été impossible de répondre : la signature était illisible, et le nom de notre correspondnt n’était inscrit ni sur la lettre ni sur l’enveloppe. Nous prions donc nos correspondants de répéter lisiblement leur adresse sur les lettres qu’ils nous envoient.

SON ACTION

Le 8 avril 1920, les agents des Caisses de la Banque Centrale fondèrent une Amicale, Pendant une année, ce groupement manifesta sa vitalité, et le spectacle de la solidarité professionnelle des agents des Caisses engagea bientôt ceux des autres services à envisager la création d’un groupement plus étendu. Des pourparlers s’engagèrent avec les membres de l’Amicale des Caisses qui se montrèrent disposés à modifier les statuts de leur Association.

Dans une réunion tenue le 19 janvier 1920, ils adoptèrent en effet le principe de cette modifcation, et, avec la collaboration d’agents des différents services de Paris, un projet de nouveaux statuts fut élaboré. En même temps, on recueillait de nombreuses adhésions.

Le 9 février 1920, les membres de l’Amicale des Caisses, ainsi que les nouveaux adhérents furent convoqués en asssembiée générale dans les salon du café du Globe, boulevard de Strasbourg. Le projet des nouveaux statuts fut soumis à l’approbation de l’Assemblée. Au nombre de 500 environ,  les membres présents approuvèrent, avec quelques modifications, les différents articles proposés, et, à l’unanimité, l’ensemble des articles modifiés.

L’AMICALE DES CAISSES était devenue l’AMICALE DU PERSONNEL  DE LA BANQUE DE FRANCE, ouverte à tous les agents des cadres permanents.

Les assistants se groupèrent ensuite par services et nommèrent leurs délégués, en conformité des prescriptions statutaires. Ces délégués formèrent le Comité, qui se réunit le lendemain pour nommer son Bureau.

Le Gouvernement de la Banque fut ensuite informé de notre constitution. Le 14 février, un exemplaire de nos statuts fut remis â M. le Secrétaire Général, pour être transmis à M. le Gouverneur. Le 26 mars, une délégation de l’Amicale fut reçue par ce dernier. Notre collaboration lui fut offerte pour l’étude des questions qui interessent la situation morale et  matérielle des agents de la Banque de France. Des remerciements lui furent adressés pour les récentes augmentations *.

Mais, dans un mémoire qui lui était remis nous exposions que, malgré ces augmentations, les ressources actuelles (traitement et indemnités) des agents de la Banque aux divers degrés de, la hiérarchie ne leur permettaient plus de faire face à des dépenses, mêmes réduites au strict nécessaire.

Nous lui demandions, en conséquence :

 

1° D’augmenter tout au moins le montant de l’indemnité complémentaire.
2° Une amélioration des indemnités pour charges de famille.
3° Enfin, que les augmentations soient plus importantes, plus rapprochées et proportionnées aux nouvelles échelles de traitements.

M. le Gouverneur reconnut le bien-fondé de nos demandes, et nous assura qu’il ferait son possible pour améliorer notre sort. Mais il ne nous cacha pas qu’il éprouverait des difficultés pour obtenir, dès ce moment, du Conseil Général, les crédits nécessaires pour augmenter le taux de l’indemnité compléntentaire.

Des deux autres demandes, il nous fit espérer une prochaine réalisation. En ce qui concerne les retraites, il nous fut promis que la   » bénévolence  » de la Banque serait portée de 30 à 40% pour les petits traitements et de 20 à 30% pour les autres **.

A la suite de cette visite, de nouvelles questions furent soumises à l’examen du Comité de l’Amicale.

1°- Nécessité de régler les rapports hiérarchiques entre lés agents titulaires cautionnés et les agents auxiliaires des diverses catégories non cautionnés.

2° – Les agents de la Banque mobilisés pendant la guerre, n’ont-ils pas subi, du fait de leur mobilisation, un retard dans leur avancement ou leurs augmentations ? ***

3° – Ne pourrait-on accorder 2 heures pour déjeuner dans tous les services ou Succursales[ ainsi que l’usage en est établi dans toutes les autres Banques ?

4° – Les voyages de billets, source d’avantages pécuniaires pour ceux qui en sont chargés, ne pourraient-ils être confiés à tour de rôle aux agents des différents services et succursales et non réservés a un petit nombre de privilégiés ?

* L es circulaires des 12 et 23 février nous avaient accordé des augmentations de traitement, avec modification de l’indemnité complémentaire

** Depuis des augmentations plus fortes ont été accordées après un délai plus court.L’indemnité pour charges de famille a été relevée par circulaire du 26 juin 1920. De même les retraites ont été liquidées suivant les indications données par M. le Gouverneur.

*** La circulaire de la Banque du 5 juin 1920 a paru répondre en partie à nos préoccupations sur ce sujet.

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DISCOURS DU PRESIDENT RENE LEGROS

(18 mai 1946)

 

 

 

 

Je suis particulièrement heureux de remercier la nombreuse assistance qui a bien voulu répondre à l’appel de notre Amicale; il m’est agréable de noter la présence de nos amis Durand-Saladin, conseiller général; Steiner, président de la C.F.T.C.; Lebrun, président du groupe d’encadrement, qui manifestent par leur présence l’intérêt qu’ils portent aux retraités.

 

Notre Amicale fut créée par des camarades de la galerie des recettes qui n’avaient aux temps heureux d’avant guerre, qu’une ambition : conserver et resserrer les liens de camaraderie existants pendant leur carrière.

Et puis, la guerre est venue avec son cortège de malheurs, c’est pourquoi le Bureau de l’Amicale a pensé, en complet accord avc les syndicats de la Banque qu’il était nécessaire, dans les temps présents, tout en lui conservant un caractère amical, de demander à notre maison ainsi qu’aux pouvoirs publics, dont nous dépendons beaucoup maintenant, de bien vouloir se pencher sur le sort de tous nos camarades retraités et surtout sur ceux à qui la maladie ou l’âge ne permet plus de se livrer à des occupations leur permettant de gagner le complément nécessaire à la vie actuelle.

Pour vivre, il nous faut un moyen d’expression : nous avons l’ambition de faire un petit journal pour y exposer en détail toutes nos revendications, fournir le maximum de renseignements à nos camarades. Nous avons l’assurance de la collaboration humoristique de notre ami Aureillan qui, plein de flamme, saura dire à tous avec sa verve habituelle, en amusant nos amis, ce qu’il sera indispensable de leur faire comprendre pour la défense de nos intérêts.

Voyons nos revendications :

1° – Nous devons revendiquer fermement pour obtenir la péréquation intégrale de nos pensions; il faudra par une action énrgique, tant au dehors qu’au dedans de la Banque, obtenir des pouvoirs publics de consacrer par un texte formel le principe de cette péréquation aplicable automatiquement au fur et à mesure des modifications ultérieures des émoluments des personnels en activité et prenant effet à la même date.

2° – Le droit de vote pour élire les 3 conseillers généraux prévus par le nouveau statut de la Banque; je n’ignore pas que, sur un rapport de M. Barat, le contentieux de la Banque a essayé de faire admettre par M. le gouverneur que les retraités n’avaient plus de lien juridique avec la Banque ; ce que nous savons, c’est que le Comité de libération de la Banque a jugé et condamné des retraités. Comment aurait-il pu le faire sans lien juridique ?

Après avoir passé trente ans et plus au service de la Banque, versé des francs-or et reçu des francs-papier, un pourcentage de 40% au lieu de 65% promis à la rentrée dans la maison, pourrait-on continuer d’affirmer que nous n’avons plus aucun lien avec notre maison ? Nous pouvons espérer que M. Le Gouverneur voudra bien reconsidérer le problème et nous faire obtenir des pouvoirs publics ce droit de vote indispensable à la défense de nos intérêts.

3° – Nous voudrions être représentés dans les commissions sociales des comités d’entreprise pour y défendre notre point de vue, présenter les demandes de nos amis retraités et en assurer la pleine réalisation.

4° – Obtenir la maison de retraite et les  » résidences  » permettant à nos amis le séjour à la campagne ou à la ville, en étant déchargés des services ménagers si compliqués à l’heure présente.

Comme l’ordre du jour de la présente assemblée vous l’indique, cette réunion est limitée à la région parisienne qui élira son bureau qui doit comprendre une représentation de nos amis de province. Celui-ci devra, dans les jours suivants, réorganiser complètement ses services de secrétariat et de trésorrie pour donner plus de vigueur à notre action. La Banque a bien voulu mettre à notre disposition les moyens matériels qui nous seront nécessaires pour mener notre tâche à bien : qu’elle en soit remerciée.

Je terminerai, mes chers amis, en remerciant tous mes camarades pour l’aide efficace apportée à l’extension de notre Amicale : je nomme MM. Durand-Saladin, Luche, Deroux, Cugniet, Gauthier, Aureillan, Vétier, et j’adresse également un souvenir ému à notre grand ami Privet, dont nous sommes fiers de continuer la tâche.

Mes chers amis, restons unis au sein de notre Amicale et je suis certain que cette union nous permettra d’atteindre les buts que nous poursuivons : aider, protéger et défendre tous les retraités de notre grande famille de la Banque de France.

 

Poème (mai 1996)

Humoristes et poètes prennent la plume

LES FONDATEURS

Ils ont connu la Banque au temps des diligences

Les chefs en redingote et faux col empesé…
Ils ont vécu deux guerres, le krach de la finance,

Les conquêtes sociales et les congés payés.

Ils étaient à l’étroit « Hôtel de la Vrillière »

Arpentant la cour huit et ses encombrements…

Ils ont vu détourner la Grange Batelière
Pour implanter l’assise du nouveau bâtiment.

Sortir du métro « Halles » au coin de Saint-Eustache…

Se frayer un chemin à travers les cageots…
Croiser au « Pied d’cochon » quelques forts, l’air bravache…

Dans la rue Coquillière, humer la tête de veau…


Passer devant le garde au fond de sa guérite…
Au concierge accueillant échanger quelques mots…

Cour vitrée : c’est l’horloge qui déjà vous invite
Par le grand escalier à gagner le bureau.

Habit bleu et bicorne… moustache conquérante,

Pour la recette en ville marchant résolument…

Sacoche à soufflets à la chaîne pendante,
On les voyait passer rue Croix-des-Petits-Champs.

A l’heure de midi le quartier déménage:
Ils vont, comme il se doit, grimpant les quatre étages,

Partager entre amis, autour d’un verre de blanc,
Le frichti du buffet, rue Colonel Driant.

Puis au Palais Royal ou Place des Victoires,

« Café de la Tourelle » où Mimile trônait,

Avant de repartir on refaisait l’histoire,
Le sport, la politique… les soucis, les projets.

Lorsque vint la retraite, mus du désir sincère

De vouloir préserver les liens les unissant…

Avec ses compagnons, René Legros fédère

L’Amicale qui, ce jour, fête ses cinquante ans.

Jacques SAOUZANET Morlaix –